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 La faim mène à la soif. {Clos - Suite au Mont Orochi}

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Hâti Jirō



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MessageSujet: La faim mène à la soif. {Clos - Suite au Mont Orochi}   Mar 18 Juin - 22:40

Le réveil fut brutal.
Les rayons du soleil, malgré ses paupières closes, agressés violemment les pupilles d'Hâti. La tête enflée par une vive migraine, le jeune homme se redressa tant bien que mal en se tenant le front. Il émit un léger grognement, ne se souvenant que de brèves brides de la veille. Lentement, il clignait des yeux en tentant de balayer d'un regard ce qui l'entourait encore. Rien.

La nuit semblait avoir filé bien plus vite qu'elle n'aurait dû et le soleil se tenait déjà bien haut.
Il se leva rapidement, épousseta ses habits en loques et saisit son sabre avant de partir d'un pas franc. Cette fois-ci, il était bien décidé de s'aventurer au centre des terres. Dégoûté de l'odeur d'iode et d'algue qui imprégnait ses vêtements jusqu'à même sa peau, le visu de la mer lui retournait les sangs.

Sans se retourner, il quitta les ruines qui lui avaient servi d'abri pour une nuit. Une partie de ses forces requinquées par ses courtes heures de sommeil, il marchait avec assurance. Les événements de la veille lui paraissaient n'être que des songes, des hallucinations de rêverie étrange et surtout loufoque.
Sa cadence était dictée par un simple besoin devenant au fil des minutes de plus en plus prenant : la faim. Cette nécessité réveillait en lui ses instincts grégaires et faisait affluer dans ses veines une vigueur nouvelle. Tout être passant à proximité pouvait alors devenir une proie potentielle pour un futur repas. Sa fringale était-elle qu'il commençait à trottiner aisément sur le sentier de terre, tous sens en alerte.

Sous la fraîcheur d'un sous-bois, à l'affût de tous mouvements, Hâti se préparait à rentrer en chasse d'un quelconque gibier malchanceux. Il dériva sur sa gauche, commençant à courir pour de bon malgré les fougères et diverses plantes qui le gênaient bien moins qu'il ne l'aurait pensé, et il débuta sa traque. Il pista les traces d'un cervidé, aperçu un couple de sanglier et finit par débusquer un lapin.
Pourtant, lorsque l'animal se trouvait entre ses doigts, suffoquant d'épouvante, le chasseur ne put se résoudre à l'abattre. La faim était pourtant toujours présente, mais étonnamment il se rendit compte qu'il tuait non pas pour manger, mais quelque part, par simple plaisir. Et son appétit n'était pas encore assez vorace pour qu'il déroge à ce principe. Il relâcha la bête et reprit sa course.  

Il courut jusqu'à un sentier parallèle à celui qu'il foulait plus tôt. Il s'y arrêta, observa à gauche, puis à droite et se résolut à continuer sa route sur ce chemin tracé par la main de l'homme. Il n'eut qu'à parcourir quelques mètres pour rester stupéfait devant le site urbain qui se dessinait devant lui.

Alors qu'il ne croyait plus avoir l’occasion d'apercevoir de telles structures sur cette maudite île, un village se dressait à quelques kilomètres devant lui. Coupant à travers champs, il s'y précipita en humant des fumets et parfums transportés par le vent. Il n'acheva sa course qu'une fois assez proche de l'enceinte du hameau, et il finit par adopter une démarche pondérée en croisant les premières silhouettes des villageois. La tête basse, il prenait garde à éviter tous contacts et se dirigeait uniquement à l'odorat. A quelques pas de l'entrée du village, il avait sentit une douce effluve de nourriture.

Du coin de l’œil, il aperçut enfin l'enseigne d'une auberge. Sans chercher plus loin, il s'y avança et pénétra les lieux. A l'instant même où il posa le pied sur le plancher, il fut accueillit bruyamment par l'une des serveuses. La voix enfantine résonna dans la pièce désertée de tous clients et fut reprit en écho par d'autre bien plus monocorde.

Hâti prit place sur le premier siège qu'il trouva vide. Prêt d'un mur où il reposa son sabre, il attendit impatiemment l'arrivée de l'employée.

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Oshino Ryu
Yondaime Kouchou


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MessageSujet: Re: La faim mène à la soif. {Clos - Suite au Mont Orochi}   Mar 25 Juin - 14:52

Comment faire pour occuper ses journées quand on est vieux et aveugle de surcroît?
Pour ma part, je passais le plus clair de mon temps à me promener sur l'île, méditer avec ou sans les moines au temple ou encore, m’entraînais seul également afin de maintenir encore un niveau respectable au cas où des élèves ressentiraient un trop plein de confiance en soit. Mais aujourd'hui, je me contentais de flâner sans trop savoir quoi faire de ma journée.

Au bout d'un petit moment de réflexion, j'entendis un bruit, un sorte de gargouillis. De toute évidence, mon corps me rappela que je devais m'occuper de lui, me ramenant également dans la réalité et me fit prendre que pendant que j'étais en plein dans mes pensées, le temps, lui avançais et, me fiant à la chaleur des rayons du soleil, ce qui indiquait aussi son inclinaison, qu'il était pas loin d'être midi.

Je n'avais pas très envie de manger tout seul chez moi alors, prenant ma canne et, me levant péniblement, je me mis en route pour le village. Expliquant au passage aux moines que je ne déjeunerai pas dans ma demeure cette fois-ci et qu'ils n'avait nullement besoin de préparer une portion pour moi.

Arrivé au village, ce fut un petit peu plus compliqué de m'orienter efficacement parmi la foule, même si les gens s'écartaient sur mon passage pour ne pas me gêner et me saluer avec respect.
Enfin devant l'entrée de l'auberge, je fis un rapide sondage des lieux pour repérer les places libres où je pourrai m’asseoir.

Il se passa quelque chose d’inattendu, l'une de mes araignées me revint et m'indiqua qu'une personne inconnue à l'île se trouvait là. Ayant reçu un rapport tôt le matin des Umi Bozu, je lui demanda un rapide description de l'inconnu qui s’avéra coller avec les informations que l'on m'avaient communiquées.

Je pris donc place sur la chaise vide en face du nouvel arrivant.

- Bien le bonjour étranger! Accepteriez-vous de prendre un bol de nouilles en ma compagnie?

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Hâti Jirō



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MessageSujet: Re: La faim mène à la soif. {Clos - Suite au Mont Orochi}   Mar 25 Juin - 21:53

Hâti lorgnait la serveuse qui avait disparu derrière une porte coulissante, probablement en direction des cuisines.

Ne quittant pas des yeux l'encadrement de bois épais, les secondes lui parurent être des heures en attendant que la silhouette ne daigne réapparaître. Il languissait du moment où enfin son estomac serait plein et sa gorge désaltérée ; son esprit fatigué lui laissait alors entrevoir dans une rêverie éveillée des plats fins et raffinés qui ne faisaient qu’accroître son impatience.

Désespérant face à cette attente, il s'adossa - s'avachit même - sur le dossier incommode de sa chaise et posa sa tête sur le mur à ses côtés. Fixant toujours la porte voilant aux clients une quelconque pièce ou couloir où l'employée semblait s'être égarée, Hâti ne prêta aucune attention au glissement de celle du seuil de l'auberge.

Il ne chercha pas à connaitre les traits de ce nouveau client et s'aperçut d'ailleurs que réellement de sa présence qu'à l'instant où ce dernier tira la seconde chaise de sa table en faisant grincer les pieds contre le parquet de bois noircis par le temps. Hâti se redressa légèrement, reprenant une posture un peu plus convenable devant le vieil homme qui venait de s'installer face à lui. Surpris d'abord, le jeune homme garda le silence alors que l'autre s'empressa de le briser.   

- Bien le bonjour étranger! Accepteriez-vous de prendre un bol de nouilles en ma compagnie?
- Ko... Konnichiwa...

Par réflexe, car les habitudes sont toujours rudes à faire faiblir, Hâti s'inclina légèrement face à l'âge honorable de l'inconnu et en profita pour détourner le regard. Il resta un moment silencieux en observant les mains ridées aux doigts fins, presque griffus posées paisiblement sur la planche qui leur servait de table. Il regardait d'un regard vide les poignets amaigris par la vieillesse, remontant sur ses avant-bras voilés par un épais tissu blanc jusqu'à ses épaules tombantes et s'aventura enfin à dévisager le vieillard. L'expression affable de l'homme faisait dégager de lui une certaine aura accueillante, pourtant quelque chose d'autre faisait qu'il avait l'air plutôt malsain, peu naturel.
Se rendant compte que celui-ci gardait les yeux clos, probablement pour cacher une invalidité, Hâti ne retint pas un léger rictus en entendant les pas de la serveuse qui venait enfin à eux.

- J'accepte volontiers vieil homme. Et j'en serais d'autant plus ravi si vous les payez, ces bols de nouilles... - dit-il d'une voix placide, ténue et presque aigre en observant les pieds de la serveuse s'avancer promptement.
- Excusez moi cher client pour... oh! Bonjour Ryu-sama !! - S'exclama-t-elle en exécutant une lourde révérence. - Que... Que puis-je vous servir ?
- Deux bols de nouilles, est-ce exact Ryu-sama ?...

Hâti releva les yeux vers l'homme, caressant du bout des doigts le fourreau de son sabre.

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Oshino Ryu
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MessageSujet: Re: La faim mène à la soif. {Clos - Suite au Mont Orochi}   Jeu 27 Juin - 14:45

- Excusez moi cher client pour... oh! Bonjour Ryu-sama !! Que... Que puis-je vous servir ?

- Deux bols de nouilles, est-ce exact Ryu-sama ?...

De toute évidence, mon invité ne perdait pas le nord.
J’acquiesçais en direction de la serveuse et lui donna déjà les quatre Shu nécessaire au payement pour les deux commandes. J'en salivais d'avance, les plats que cuisinait le chef sont tous succulent, bien que la cuisine que me prépare les moines n'a rien à lui envier.
Après avoir encaissé l'argent l'employée se retira en cuisine après une seconde révérence.

- Au fait, laissez moi me présenter, je me nomme Oshino Ryu, Yondaime Kouchou en charge de cette île!

Je pense que de toute manière il avais compris que j'étais quelqu'un d'important vu la révérence et la manière extrêmement respectable de la serveuse et la manière très polie avec laquelle elle c'était adressée à moi. Et puis, de toute façon, je n'avais aucunement l'intention, ou même l'envie, de lui cacher qui j'étais ni même le rôle que j'occupais.
Vu sa présentation un peu militaire, ou académique, je présume qu'il devait venir d'une famille noble ou du moins avoir été une personne ayant reçu un apprentissage très strict.

- Si je peut vous donner un conseil. Éviter de regarder demoiselle Tomoé avec trop d'insistance, elle risquerait de le prendre mal. C'est beaucoup mieux de manger des ramens dans bol que sur les genoux, croyez moi!

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Hâti Jirō



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MessageSujet: Re: La faim mène à la soif. {Clos - Suite au Mont Orochi}   Ven 28 Juin - 11:13

Hâti ne put s'empêcher de sourire lorsque le vieil homme accepta de payer sa part et, rassuré de ne pas avoir à courir avant que l'addition ne tombe, il s'adossa de nouveau sur le dossier de sa chaise et soupira d'aise.

La serveuse - après avoir empochée ses quelques sous - leur tourna le dos et s'éloigna pour préparer leur commande. Distrait, Hâti observait les chevilles de la jeune femme à peine voilées par le pan de son kimono se mouvoir puis disparaître une seconde fois dans l'encadrement de la porte menant aux offices. Il espérait que cette fois-ci l'attente serait plus brève.

Faisant glisser ses doigts sur son sabre qu'il mena ensuite à son estomac gargouillant, le vieil homme le sorti de sa rêverie gloutonne.

- Au fait, laissez moi me présenter, je me nomme Oshino Ryu, Yondaime Kouchou en charge de cette île!

Le vieil homme venait de regagner l'attention d'Hâti. Ce dernier releva ses yeux calmement sur lui. Toute la méfiance qu'il incarnait il y avait à peine quelques instants s'était dissipée au moment même où il s'était engagé à lui payer sa ripaille. "Un noble généreux, voilà qui est rare !" Pensa Hâti tandis que son sourire ne faisait que s'accroître. Il le toisa encore quelques secondes, puis s'inclina malgré l'inutilité apparente de son geste.

- Hajimemashite Ryu-sama. Je me nomme Hâti Jiro, simple rônin qui s'est échoué sur vos côtes...

Se redressant, il reprit sa position initiale sans quitter des yeux le vieillard. Grimaçant légèrement sous l'une des revendications intempestives de son estomac, Hâti s'apprêtait à questionner l'ancêtre sur sa présence dans ce lieu de plébéien ainsi que sur "son île", mais il fut devancé.

- Si je peut vous donner un conseil. Éviter de regarder demoiselle Tomoé avec trop d'insistance, elle risquerait de le prendre mal. C'est beaucoup mieux de manger des ramens dans un bol que sur les genoux, croyez moi!
- ... Ne prenez pas à mal mes propos, cependant il me semble que vos yeux vous font réellement défaut car je ne reluque personne qui pourrait le prendre comme une offense... Hormis vous, peut-être...

Le jeune homme ne se doutait pas que son interlocuteur pouvait parler d'une autre personne, ou chose, que la serveuse ou des quelques rares clients assis à quelques tables voisines.

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MessageSujet: Re: La faim mène à la soif. {Clos - Suite au Mont Orochi}   Mer 3 Juil - 12:29

Le jeune homme c'était présenté à son tour et, pour une raison que j'ignore, avait montré une pointe d'hésitation à se courber.

- ... Ne prenez pas à mal mes propos, cependant il me semble que vos yeux vous font réellement défaut car je ne reluque personne qui pourrait le prendre comme une offense... Hormis vous, peut-être...


Je crus percevoir dans ses mouvements un retournement, comme-ci je m'adressais à quelqu'un d'autre. Hé bien non mon cher ami, c'est bien à vous que je m'adresse. À pars vous, tout le monde sur cette île connait le caractère adorable mais strictement ferme de demoiselle Tomoé. Combien d'imprudents se sont déjà fais littéralement jeté comme un vulgaire mal propre de l'auberge pour avoir "essayé" de la courtiser.

- Cela ne sert strictement à rien de me faire remarquer quelque chose que je sais déjà et dont vous vous êtes rendu compte dés le début de notre rencontre. Mais, mieux vaut la prévention que la guérison Jiro-san!

Mais avant qu'il ne m'ait donné une quelconque réponse, je me leva vivement de ma chaise, la renversant au passage, dégaina mon sabre et cloua un des clients du restaurant avant qu'il ne quitte les lieux. Bien qu'une certaine distance nous séparait entre lui et moi, la lame de mon sabre c'était allongée afin de combler ce défaut.

- Demoiselle Tomoé et moi même avons en commun la même aversion pour les mauvais payeurs! Manque de chance pour vous, je suis là!

Ce n'est qu'après avoir fini ma phrase que je me rendis compte qu'entre temps, le resquilleur c'était évanoui sous la surprise du coup. Il avait au moins eut la chance que se soit moi qu'il l'attrape car, avec la serveuse, il n'aurait même pas eut ce luxe.

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Hâti Jirō



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MessageSujet: Re: La faim mène à la soif. {Clos - Suite au Mont Orochi}   Sam 6 Juil - 14:43

Hâti haussa un sourcil après l’affirmation du vieillard qu'il commençait à croire sénile. De quoi parlait-il ?

Ses propos devenaient de plus en plus incohérents dans l'esprit du jeune homme qui n'avait aucune vue sur la jeune serveuse comme semblait le croire son interlocuteur. Son seul intérêt à suivre les mouvements de l'employée n'était que par pur appétit. La seule chose, le seul "atout" que possédait la demoiselle aux yeux d'Hâti n'était non pas dans son physique ou bien un quelconque trait de caractère qu'il ne connaissait nullement, mais bel et bien les bols qu'il espérait bien copieux lorsqu'elle les leur porterait dans peu de temps.

Irrité par son incompréhension, il allait rétorquer lorsque le vieil homme le coupa pour la seconde fois. Bien plus vif que sa carcasse ne pouvait le suggérer, il se leva brusquement en dégainant son sabre porté à la ceinture. Il fit volte-face en pointant sa lame sur un client qui se dirigeait impudemment vers la sortie.

Sur le coup, Hâti pensait que l’ancêtre était sur le point de s'exclamer à l'individu de rester à sa place, mais il n'en fut rien. Le vieil homme ne dit mot lorsque, tout aussi brusquement qu'il s'était levé, la lame du sabre s'étira pour se planter dans le mur d'en face à quelques mètres plus loin. Le jeune homme resta bouche bée devant cette scène, puis finit par soupirer en s'accoudant sur la table pour loger sa tête dans ses paumes de mains.

- Demoiselle Tomoé et moi même avons en commun la même aversion pour les mauvais payeurs! Manque de chance pour vous, je suis là!
- ... Vous devriez le décrocher avant qu'il ne pourrisse...

L'individu s'était évanoui et tenait uniquement debout grâce à la lame qui l'accrochait encore au mur. Peut-être pas pour bien longtemps d'ailleurs car le tissu de ses vêtements craquetait dangereusement et menaçait de se déchirer pour de bon.
Honteux pour le voleur, Hâti l'oublia cependant à l'instant même où il entendit des pas précipités se diriger vers la salle. Se redressant en espérant apercevoir enfin son déjeuner, il soupira de nouveau en s'adossant sur sa chaise lorsque la serveuse revint - les mains vides - suivie d'un immense individu - aussi bien en taille qu'en corpulence - se diriger vers l'homme décrépit. L'inconnu à la carrure disproportionnée attrapa par la nuque l'évanoui et, en duo avec la serveuse, ils s'entretinrent avec le Doyen.

Hâti ne les écouta pas. Désespérément, il tentait de faire taire aussi bien son estomac que son impatience croissante. Grinçant des dents, le jeune homme reporta son regard sur la serveuse qui venait de se rapprocher, lui octroyant de nouvelle excuse pour son attente. Pour unique réponse, elle n'obtint qu'un sourd grognement.

Elle était sur le point de s'éloigner vers les cuisines lorsque l'inconnu sortit de sa torpeur et tentait avec vigueur de se défaire de l'étreinte de son collègue. Les pupilles d'Hâti se dilatèrent de colère lorsque Tomoé dévia de sa trajectoire pour de nouveau se préoccuper du voleur plutôt que de ses clients affamés. Il se leva de sa chaise en poussant la table devant lui, cognant par inadvertance le bord de celle-ci contre les cuisses du vieillard, et saisit le dossier de chaise qu'il jeta violemment. Le bois de son siège percuta la tête du voleur qui elle-même se cogna contre le mur auquel il était suspendu un peu plus tôt. Il n'eut rien le temps de comprendre qu'il s'écrasa contre le sol, de nouveau dans les pommes.

- Maintenant qu'il dort paisiblement, pourriez-vous enfin nous servir ?!...

Debout, tremblant d'une fureur attisée davantage par sa faim, Hâti ne quittait pas des yeux le faciès du perturbateur où un fin filet de sang coulait du haut de son crâne en suivant le galbe de sa joue. Il le fixait avec une hargne telle qu'il ne se rendit pas compte que ses doigts crispés où ses ongles paraissaient plus semblables à des griffes s'enfonçaient avec une facilité déconcertante dans le bois épais de la table.

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MessageSujet: Re: La faim mène à la soif. {Clos - Suite au Mont Orochi}   Jeu 11 Juil - 13:22

Pendant que que nous tentions de maîtriser l'importun, j'entendis un bruit sec, comme si quelqu'un venait de se lever brusquement, suivi d'une vive douleur dans la cuisse. Dans la manœuvre Hâti-san de calmer, expéditivement, le mauvais payeur, il avait cogné contre la table dont le coin c'était enfoncer dans ma chair.

- Maintenant qu'il dort paisiblement, pourriez-vous enfin nous servir ?!...

Je pense qu'en faisant cela, il s'attendait à ce qu'on fasse à nouveau attention à lui et qu'on lui donne ce pourquoi il était là, c'est à dire sa nourriture.
Seulement, nous sommes sur Ryu no Shima! En d'autre mots, on doit, dans la mesure du possible, faire attention à ce que l'on fait et encore plus devant la célèbre serveuse de l'auberge local mais ça, lui, il ne le savait pas!

Demoiselle Tomoe c'était tournée vers l'imprudent, avec un son sourire habituel et accueillant mais la pression que l'on ressentait en se moment trahissait avec une puissance non négligeable, ses intentions punitives.
Quand ils la ressentir, plusieurs clients se mirent à l'abris sous leur table, craignant pour leur sécurité ainsi que l'imprévisibilité de l'employée qui empoigna la tête mon interlocuteur, d'une rapidité bien plus vive que celle dont je m'étais servis précédemment et l'écrasa contre le sol, brisant la table au passage.

- Il me semblait m'être excusée pour le dérangement et votre commande arrivait. Alors tu va être un gentil toutou et attendre bien sagement comme un grand, compris!

Et voilà! le visage d'Hannya*, de demoiselle Tomoe a fait encore surface! Faite que notre ami le Rônin n'essaye pas de répliquer car sinon on n'est pas sortit de l'auberge. Sans faire de mauvais jeu de mots.

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Hâti Jirō



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MessageSujet: Re: La faim mène à la soif. {Clos - Suite au Mont Orochi}   Jeu 11 Juil - 17:21

A peine eut-il réussi à calmer sa respiration qu'une main puissante lui empoigna vigoureusement la gorge et le fit suffoquer. N'ayant pas quitté des yeux l'individu évanoui, Hâti n'avait même pas remarqué que la serveuse avait fait volte-face et se faisant, l'avait pris pour cible. Il ne comprit d'ailleurs rien aux quelques secondes où elle le fit quitter le sol pour l'écraser contre sa table qui se brisa sans peine. A cet instant, il échappa un râle de douleur et croisa le regard furieux de ce qu'était devenu la jeune femme. Un monstre.
Il resta bloqué, tétanisé devant ce visage devenu difforme alors qu'elle faisait pression de son poids qui lui parut bien supérieur à sa carrure. Englobé par les yeux injectés de sang de cette dernière qui ressortaient presque de leurs orbites, Hâti ne dit mot jusqu'à ce que les lèvres tremblantes de la créature se meuvent pour cracher ses mots d'une voix suraiguë et perçante.

- Il me semblait m'être excusée pour le dérangement et votre commande arrivait. Alors tu va être un gentil toutou et attendre bien sagement comme un grand, compris!
- ... Je... Je ne suis pas un chien...
- Quoi !?!
- Je ne suis pas un chien.

En parfaite incompatibilité avec le calme de sa voix éraillée, Hâti releva son coude en balayant du même geste les débris de bois pour délivrer un violent crochet du droit dans la mâchoire de la serveuse. La créature se redressa et lâcha prise en arrachant la peau du cou qu'elle serrait avec force. Profitant de cette séparation, Hâti releva ses jambes jusqu'à son torse et, positionnant ses pieds contre l'abdomen de Tomoe, la repoussa vivement. Elle tomba lourdement à la renverse alors que le jeune homme se relevait non sans peine, mais avec une impassibilité déconcertante. Une fois debout, la tête basse, menton presque collé sur sa gorge en sang, il murmura une nouvelle fois de manière absente ce qui semblait l'avoir complètement déphasé, voire aliéné.  

- Je ne suis pas un chien...

L'homme obèse qui avait accompagné plus tôt la serveuse pour s'occuper du voleur hurla de colère et se précipita vers Hâti en abandonnant le corps inerte du fraudeur.
Hâti n'eut qu'à faire un pas en avant pour esquiver le coup de l'homme qui se prit les pieds dans les débris et se vautra de toute sa masse.
Continuant à s'avancer, il fit un pas, puis deux et, conservant toujours la même position, se tint devant l'ogresse qui se releva pesamment. Il s'adressa à elle comme si de rien n'était. Et c'était presque le cas car elle venait de retrouver son faciès humain, pour une raison qu'il ignore et qu'il ne pouvait qu'ignorer puisqu'il ne remarqua même pas le changement.

- Je n'ai pas abîmé votre matériel. La table est de votre fait alors je ne paierai rien. Je n'ai fais qu'apporter mon aide en assommant pour de bon votre voleur... Quoique... - Il tourna la tête sans pour autant la relever - Pas assez suffisamment puisqu'il vient de s'enfuir...

L'homme venait de se relever et, titubant au début, se montra être un véritable couard à la tête dure en détallant comme si de rien n'était et disparut pour de bon.
Complètement las, Hâti regagna ce qui restait de sa table et, écartant les restes de cette dernière, s'abaissa pour saisir son sabre. A son tour, il se dirigea vers la sortie sous les regards perplexes des peureux toujours cachés sous leurs tables, des deux employées et probablement de celui du vieil homme. A l'instant où il allait franchir le seuil, la serveuse s'égosilla.  

- Et votre bol ?!!?
- Je n'ai plus faim... - lui répondit-il de manière presque inaudible.

Il eut à peine la force de traverser la rue qu'il finit par s'adosser contre un mur d'un commerce voisin. Se laissant glisser, il s'assit en tailleur, les yeux rivés sur ses genoux, son arme posée sur son épaule. Le col de ses vêtements déjà en loque se retrouvait davantage souillé par le sang qui dégoulinait encore de son cou. Le teint cireux, les yeux livides, bien que son esprit semblait très loin de la réalité, il remarqua tout de même une silhouette se rapprocher. Une silhouette qu'il reconnut sans trop de mal par la couleur de ses habits et qu'il avait presque complètement oublié durant son altercation.

Le vieil homme semblait revenir à la charge, deux bols en mains.

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MessageSujet: Re: La faim mène à la soif. {Clos - Suite au Mont Orochi}   Ven 12 Juil - 22:22

J'avais trouvé Hâti-san de l'autre coté de la rue, adossé contre la boutique de la vieille Chisato, la couturière du village. Cette dernière sorti sur le seuil de son échoppe pour voir l'état du rônin quand, me voyant arriver avec les deux bols de nouilles que j'avais finalement emporté après avoir, pour la énième fois, sermonné Tomoé, elle se ravisa et retourna à son comptoir.

Sans un mots, je m'assis à coté du jeune homme et posa son bol près de lui avant de commencer à entamer le miens en silence, humant leur fumet avec une grande inspiration. Jusqu'à ce que j'aie entièrement terminé mon bol, profitant du goût légèrement relevé de chaque nouilles et appréciant la cuisson parfaite des lamelles de porc finement découpée, nous n'échangeâmes aucun parole.
Quand j'eus terminé, je soigna la plaie de Hâti Jiro puis sortis ma pipe à opium et après l'avoir allumée tira deux, trois fois dessus et brisa le silence.

- C'est toujours impressionnant la première fois mais on fini par si faire à la longue, vous verrez.

Plusieurs personnes passant devant nous nous saluèrent, moi je me contentais de leur faire un signe poli de la main.

- Vous n'êtes pas le premier à vous demander ce qu'il fait là et comment il a fait pour en arriver là et, je pense que vous ne serez pas le dernier mais, je peux vous assurer que cette île, en dehors de quelques broutilles sans importance, c'est un véritable havre de paix.
Même si je vous dis cela, je pense que vous ce que vous voulez, c'est retrouver la terre ferme. Mais laissez-moi vous poser une question:
Qu'est-ce qui vous attend, de l'autre coté?

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Hâti Jirō



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MessageSujet: Re: La faim mène à la soif. {Clos - Suite au Mont Orochi}   Mar 16 Juil - 9:40

Le vieil homme s'installa en silence près d'Hâti. Posant le second bol à ses côtés tandis qu'il se délectait du premier, le fumet de son contenu monta jusqu'aux narines du jeune homme sans pour autant le faire réagir.
Déglutissant sa dernière goulée, le doyen s'attela ensuite à nettoyer et panser ses plaies - ce qui ne le fit pas ciller davantage - puis termina par allumer une longue pipe.

- C'est toujours impressionnant la première fois mais on fini par si faire à la longue, vous verrez... Vous n'êtes pas le premier à vous demander ce qu'il fait là et comment il a fait pour en arriver là et, je pense que vous ne serez pas le dernier mais, je peux vous assurer que cette île, en dehors de quelques broutilles sans importance, c'est un véritable havre de paix.
Même si je vous dis cela, je pense que vous ce que vous voulez, c'est retrouver la terre ferme. Mais laissez-moi vous poser une question:
Qu'est-ce qui vous attend, de l'autre coté?


Durant un instant, sans pour autant que son expression ne change malgré que déjà il commençait à reprendre des couleurs, Hâti réfléchit au propos de son aîné. Il finit par rétorquer, précédé d'un léger ricanement.

- La... Paix ? La paix n'est qu'un prétexte utilisé par les plus forts pour soumettre ceux qui ne sont pas capables de se défendre. Ce n'est qu'une illusion pour attendrir les mœurs, les dompter pour les rallier sous une même bannière... C'est tout. Vous semblez tellement persuadé par vos propos... C'en est écœurant... Mais puisque vous pensez détenir toutes les réponses, dites-moi plutôt qu'est-ce qui m'attend ici ? Qu'est-ce que cette île pourrait m'offrir de plus que ce que j'ai déjà, ou inversement, que je n'aurais pas là-bas ? Là-bas, je possède au moins le gage de ma vie alors que là....

L'abattement se lisait sur son visage et, malgré ses propos, ses convictions commençaient déjà à vaciller. Était-ce dû à la fatigue ou à une remise en question de ce qu'il avait pu vivre jusqu'à présent, il ne le savait pas encore.

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Oshino Ryu
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MessageSujet: Re: La faim mène à la soif. {Clos - Suite au Mont Orochi}   Mar 16 Juil - 14:19

Je reçu en réponse de la part de du rônin une véritable tirade convaincante de vérité. Ce monde est en effet manipulé par les forts qui, pour s'assuré de leur suprématie, utilise l'argent, l'esprit ou la force pour soumettre les plus faibles.

Mais puisque vous pensez détenir toutes les réponses, dites-moi plutôt qu'est-ce qui m'attend ici ? Qu'est-ce que cette île pourrait m'offrir de plus que ce que j'ai déjà, ou inversement, que je n'aurais pas là-bas ? Là-bas, je possède au moins le gage de ma vie alors que là...

Je tournais ma tête vers Hâti-san. Bien que l'abattement se ressentait dans sa voix, je crû desceller de la peur. Pourquoi cette peur et pourquoi avoir parler de "gage de sa vie". Vivre parmi les humains et avoir reçu un tel enseignement militaire l'aurait mis en tête qu'il était d'origine humaine?

- Est-ce la première fois que vous rencontrer quelqu'un de potentiellement plus fort que vous? Si c'est le cas on va y remédier.

Mes araignées se lancèrent sur la garde du sabre du jeune homme et l'arme dans son fourreau, empêchant toutes actions pour pouvoir le dégainer. Quant à moi, je retirais d'un coup sec les bandages de mon interlocuteur, révélant une blessure totalement guérie, avant de le soulever par le col, ses pieds ne touchant plus le sol.

- Pour vaincre ses peurs, il faut les affronter!

Je le projetais au-dessus de la foule, sachant qu'il n'aurait aucun moyen d’esquiver quoique se soit.
Les gens observait la scène quelque peu étonné avant que je ne crie le mots le plus dangereux sur l'île quand une personne était désignée ainsi:

- NINGEN!

À ce moment précis les expressions des citoyens changèrent, la règle de l'île était simple "humain interdit!". Et se jetèrent tous sur celui que j'avais désigné comme étant la proie commune.
À vous de jouer à présent!

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MessageSujet: Re: La faim mène à la soif. {Clos - Suite au Mont Orochi}   Mar 16 Juil - 18:41

Hâti sentit le regard de l'homme se poser sur lui. Il l'épiait avec insistance et dans d'autres circonstances, il l'aurait probablement pris comme une offense. S'en devenait presque insultant d'être dévisagé de la sorte, mais bien trop las pour réagir et surtout, préférant ne plus à avoir à se battre pour des broutilles, Hâti fit comme si de rien n'était.

- Est-ce la première fois que vous rencontrer quelqu'un de potentiellement plus fort que vous? Si c'est le cas on va y remédier.
- De quoi vous... Mais ?!

Hâti voulut se relever lorsqu'il s'aperçut que son arme pullulait d’innombrables petites araignées presque toutes condensées sur la garde de son sabre. Il était sur le point de se redresser lorsque la main du vieillard se tendit pour atteindre sa nuque et arracha du même geste les bandages qu'il venait à peine de poser. De l'autre main et avec une vivacité de plus en plus impressionnante, il le saisit par le col et le souleva comme s'il avait été aussi léger qu'une plume. Il n'était certes pas bien épais mais son poids n'était tout de même pas négligeable, surtout pour un homme aux muscles atrophiés par le temps. Et normalement, ses muscles n'auraient pas pu faire ce qu'ils étaient sur le point d'accomplir.

- Pour vaincre ses peurs, il faut les affronter!

Il n'eut ni le temps de rétorquer, ni le temps de penser quoi que ce soit que déjà il planait au-dessus de la foule à peine plus surprise par la scène qui se déroulait devant eux. Hâti s'écrasa en exécutant plusieurs roulées boulées et finit par se stopper face contre terre. Il se redressa légèrement, toussa en essayant de reprendre ses esprits et finit par déraper sur la caillasse. Il se retrouvait assis au milieu des villageois qui l'ignoraient presque et peu à peu, retournaient à leurs besognes quotidiennes.
Hâti devint irascible et prêt à imploser. De loin, il fixa le vieil homme qui l'observait également avec une sorte de posture solennelle. Hâti allait hurler quelques choses, n'importe quoi pour extérioriser sa colère lorsque le vieillard hurla.

- NINGEN!

Les expressions des villageois changèrent du tout au tout. Eux qui l'ignoraient ou l'épiaient avec curiosité commencèrent à le dévisager avec une haine lisible sur leurs visages. Hâti n'eut le temps de rien faire que l'un d'eux le frappa dans le dos. Il eut un hoquet de surprise mais, tenant toujours fermement son sabre, il tourna sur lui-même et frappa violemment son assaillant avec son fourreau. Un autre suivit rapidement, armé uniquement de ses mains où ses doigts étaient remplacés par des longues griffes. Il lacéra le kendogi d'Hâti déjà en lambeaux. Ce dernier lui asséna un coup dans le thorax et le fit reculer. Un troisième, une femme, se jeta sur lui en hurlant et lui saisit un bras. Une jambe levée, pivotant légèrement pour prendre de l'élan Hâti lui donna un brusque coup de pied dans le genoux qui le lui brisa. Elle finit par lâcher prise mais il avait de plus en plus de mal à esquiver chacun de ses adversaires qui lui paraissait de plus en plus nombreux et surtout, de plus en plus monstrueux. La panique se lisait dans ses yeux alors qu'il s'abaissait pour éviter un coup porté à son visage. Cependant, un autre le prit à revers et lui asséna un coup de genou dans les côtes.

Crachant son sang, Hâti cria de douleur et finit par tomber au sol. Tous se jetèrent sur lui en espérant pouvoir l'atteindre et le frappèrent sans ménagement aucun. Hâti lui, ne comprenait pas, beuglait à tout va des mots qui alors n'avaient plus aucun sens. Sa chair, ses muscles, ses nerfs... Chacune de ses cellules commençait à le faire souffrir. Il tentait par moments de relever la tête et apercevait brièvement les visages déformés qui le violentaient avec aigreur. Leurs dents étaient remplacées par des crocs incroyablement longs comme celles des bêtes, leurs cris étaient tels des grognements hargneux... De chien...

À  bout de nerfs et au bord de la folie, Hâti se mit à hurler alors que son corps le brûlait de l'intérieur. Ses muscles raidis semblaient s'étirer sans qu'il ne se rende réellement compte d'un quelconque changement car sa vision devint floue. Il ne voyait plus que des formes grossières de noir et de blanc, et il ne comprit pas pourquoi les coups venaient de cesser. 
Il se redressa et se mit à genoux alors qu'il tentait de percevoir le contour de ses mains qu'ils trouvaient bien plus longues, ses doigts plus acérés. Une force nouvelle semblait déferler en lui alors qu'il hurla de nouveau et,
se tenant la tête entre ses doigts à leur tour devenus griffes, il s'adressa au vieillard qui, contrairement à tous ses compères qui semblaient avoir reculés de plusieurs bons mètres, se tenait toujours au même endroit sans avoir brisé sa posture. À  l'instant, il était le seul qu'il voyait clairement. 

- Mais que m'avez-vous fait ?!! Qu'est-ce que vous m'avez fait !!! 

Sa voix se faisait plus grave, beaucoup plus menaçante que le timbre qu'elle avait habituellement. Même lui ne la reconnut presque pas et, sentant des larmes couler le long de ses joues, il hurla une troisième fois. Les silhouettes qui l'entouraient lui parurent vaciller comme si elles tentaient toutes de rester debout malgré un tremblement de terre. Saisissant son arme gisant à ses côtés, il se releva brusquement et courut à perdre haleine en tentant de fuir le sorcier. 

Les frontières du village disparurent rapidement alors que sa course devenait de plus en plus véloce. Profitant de sa force nouvelle, il emprunta le chemin qui l'avait mené plus tôt dans ce hameau maudit mais cette fois-ci, il ne bifurqua pas pour se terrer à l'ombre des grands arbres de la forêt. Il continuait à courir tout droit, ne cherchant aucunement où ça pouvait le mener, il courait pour fuir et peu lui importait où ça le conduirait. Le chemin tracé s’évanouissait pour laisser place à une plaine, la plaine devint peu à peu plus abrupte et commençait à prendre de l'altitude. Il courut le long d'un gouffre dans une allée et commença à gravir un sentier escarpé qui le menait peu à peu vers le sommet. 

Sa course ne prit fin qu'une fois qu'il fit face à un précipice. Il reprit son souffle en observant le panorama de l'île qui s'offrait face à lui. Puis, laissant tomber son sabre, il observa de nouveau ses mains qu'il ne reconnaissait plus.
 
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